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Le télégramme

Lannion : Sortir du nucléaire. Le rassemblement a cartonné.

Combinaisons blanches et... cartons rouges, hier, au menu anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Environ 80 personnes ont répondu à l’appel du réseau Sortir du nucléaireet formé une chaîne solidaire, place du Centre.

Certains ont enfilé des combinaisons de protection. D’autres, des tenues d’apiculteurs. D’autres encore, sont arrivés le visage dissimulé derrière un masque. Les manifestants étaient appelés à venir habillés en blanc, hier, pour, un an, jour pour jour, après la catastrophe de Fukushima, exprimer leur solidarité avec le peuple japonais et dénoncer « la folie nucléaire ». « Civil ou militaire, comme à l’Île-Longue : sortons du nucléaire ! Le nucléaire sûr n’existe pas, il devra donc y avoir un avant et un après Fukushima », a martelé Laurent Lintanf, porte-parole de Sortir du nucléaire.

Messages aux politiques

Répétition générale avant la grande chaîne humaine antinucléaire qui tentera, aujourd’hui, de relier Lyon à Avignon : les quelque 80participants au rassemblement lannionnais se sont donné la main, formant une ronde symbolique devant la mairie. Marqueur noir sur cartons rouges, ils ont aussi glissé, dans l’urne, leurs messages personnels aux candidats aux prochaines législatives. « Pour que nos enfants ne nous haïssent pas, sortons du nucléaire », disait l’un. « Sortir du nucléaire, c’est choisir la vie plutôt que la mort », lançait l’autre. Ou, plus prosaïque : « Je ne donnerai pas ma voix à un candidat qui ne se prononce pas clairement pour la sortie du nucléaire. »

« Angoisse quotidienne »

Silhouette discrète parmi ce monde, Masami Le Vot-Sugawara témoigne volontiers de la situation de son pays, un an après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire qui ont sinistré le Japon. « Des dépôts radioactifs importants ont été retrouvés à plus de 200km de la centrale. La population n’a pas confiance dans le gouvernement, qui tente de minimiser les conséquences de l’accident. Elle vit dans l’angoisse quotidienne de cette menace radioactive. Ma cousine habite Fukushima. Malgré la décontamination opérée dehors, elle a trouvé des dépôts de césium dans sa cuisine. 360.000enfants devront être suivis médicalement toute leur vie. »

« La vie continue avec deux réacteurs »

Les efforts de reconstruction se heurtent, selon Masami, aux incohérences administratives. « Un arrondissement touche des subventions pour être décontaminé. À quelques kilomètres, l’arrondissement voisin touché par le nuage ne bénéficie pas du nettoyage, faute de subvention. » Reste, pour la Japonaise établie en Trégor, ce message d’espoir qui consiste à tirer les leçons de la tragédie pour expérimenter l’avenir. « Sur les 54 réacteurs que compte le Japon, deux sont encore en activité. Pour autant, il n’y a pas eu de rupture de l’alimentation électrique. Le Japon apprend à ne plus gaspiller, à réduire sa consommation, à développer les énergies renouvelables... » Une sorte de dénucléarisation à marche forcée, « qui mériterait d’être suivie par des pays comme la France », estime Sortir du nucléaire. Pratique Pour participer, aujourd’hui, à la chaîne humaine du Faou(29) : covoiturage à 12h30 du parking de Kermaria. Tél. 02.96.44.98.36.

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