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Le Figaro / AFP

Nucléaire : chaîne humaine de 230 km

Des manifestations contre le nucléaire, notamment une chaîne humaine de 230 km dans la vallée du Rhône, ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes aujourd’hui en France à l’occasion du premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

Vêtus de gilets fluo, les manifestants, au nombre de 60.000 selon les organisateurs et parmi lesquels se trouvaient les candidats à l’élection présidentielle Eva Joly (Europe Ecologie/Les Verts) et Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste), ont formé entre Lyon et Avignon une "chaîne humaine pour sortir du nucléaire". Les autorités n’étaient pas en mesure en fin d’après-midi de dénombrer les manifestants. Seule la préfecture de la Drôme a compté 16.000 manifestants sur la portion dans ce département soit 129 km de la RN 7.

Les anti-nucléaires étaient venus de toute la France mais aussi par autocars d’Allemagne, de Suisse et de Belgique. Les militants se sont déployés en se tenant par la main ou en étant reliés par des rubans adhésifs pour occuper tout l’espace le long des 230 km séparant Lyon d’Avignon. Avec ses 14 réacteurs, la vallée du Rhône est la région la plus nucléarisée d’Europe. "C’est un moment où nous marquons l’anniversaire de l’horrible tragédie de Fukushima, c’est pour ne pas oublier, c’est aussi un geste de solidarité avec le peuple japonais", a déclaré Eva Joly.

D’autres manifestations anti-nucléaires ont eu lieu ce dimanche. A Bordeaux, une chaîne humaine de plusieurs centaines de mètres a réuni quelque 1500 personnes, selon les organisateurs. A Bayonne ils étaient plusieurs centaines, selon le mouvement altermondialiste basque Bizi, qui avait organisé la manifestation. En Bretagne, à Saint-Malo, Rennes et Faou, des chaînes humaines ont également été organisées.

Le séisme et tsunami du 11 mars 2011, qui avaient provoqué l’accident nucléaire de Fukushima, ont fait plus de 19.000 morts et disparus. Il s’agit de la plus grave catastrophe atomique depuis celle de Tchernobyl en 1986. En 40 ans, la France a bâti un imposant réseau de centrales nucléaires et une filière industrielle performante, dominée par des géants publics comme Areva et EDF (Electricité de France). Alors que le président Nicolas Sarkozy défend l’industrie nucléaire, le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande veut abaisser d’ici 2025 de 75% à 50% la part du nucléaire dans l’électricité de la France, pays au monde le plus dépendant de l’atome.

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