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Sébastien Lecoeur

Sébastien Lecoeur est comptable et laisse son crayon divaguer au rythme de ses envies afin de briser la rigidité du métier....
Il nous a offert son texte "De Bhopal à Tchernobyl".

De Bhopal à Tchernobyl

De Tchernobyl, il ne reste rien qu’un cercueil de béton
Tout juste assez grand pour contenir les morts.
Pourtant dans ce cercueil palpite un cœur
Un cœur en fusion, qui devrait nous servir de leçon

De Bhopal, il ne reste rien, tout juste des souvenirs,
Des Hommes, dont la vie a été estimée à 700 euros,
Et des Enfants, qui ne peuvent plus pleurer,
Car leurs yeux ont été brûlés…

De Tchernobyl,

J’ai fait un voyage,
Un aller sans retours,
Ce matin dans mon jardin
Les fleurs se sont fanées
Personnes n’était là pour les voir,
Personnes pour les arroser.

Ce matin des bus jaunes
Sont venus nous chercher
Ils nous ont emmenés loin
Loin de la ville,

De ses jardins,
Loin de ma vie.

Hier encore,
Je courrai dans le parc,
Avec mes amis, avec mes copains,
Il faisait beau, nous étions bien,
Puis des militaires sont venus,
On a bien rit de leur tenues …

Ce matin,
J’ai tous laissé derrière moi,
Tous mes maigres souvenirs,
Je n’ai même pas eu le temps
De fermer ma maison à clé
Et j’ai oublié mon Doudou,
Seul il doit s’ennuyer…

De Tchernobyl, il ne reste rien qu’un cercueil de béton
Tout juste assez grand pour contenir ses morts.
Pourtant dans ce cercueil palpite un cœur
Un cœur en fusion, qui devrait nous servir de leçon

A Bhopal,
Je dormais tranquillement cette nuit,
Quand la sirène a retenti,
Mes yeux me brûlaient,
J’ai voulu pleurer mais je n’ai pas pu
Je me suis mise à tousser,
Et déjà mon frère ne respirait plus.

Maman a crié son prénom,
Tandis que Papa,
M’a prise dans ses bras
Il m’a murmuré à l’oreille,
Que tout allait bien,
Et nous sommes sortis…

« - Mon frère,
Nous avons oublié,
Mon frère,
« - Non, ton frère dort,
Ne crie pas si fort,
Tu vas l’éveiller »

Je n’ai jamais revu mon Père,
Et je n’ai jamais revu ma Mère,
Je me rappelle de cet homme,
Penché au dessus de moi,
Il soufflait dans ma bouche,
Il appuyait sur mon cœur.

J’ai vu mon frère,
Accroupi dans la rue,
Il jouait tranquillement,
Autour de lui tout le monde courrait,
Je l’ai rejoint, l’ai serré, enlacé,
Un léger coup de vent,
Chargé de sable, a soufflé,
Et nous nous sommes envolés…

De Bhopal, il ne reste rien, tout juste des souvenirs,
Des Hommes, dont la vie a été estimée à 700 euros,
Et des enfants, qui ne peuvent plus pleurer,
Car leurs yeux ont été brûlés…

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De Bhopal à Tchernobyl

Sébastien Lecoeur est à suivre sur :
- http://leclubdesnefastes.over-blog.com/
- https://www.facebook.com/pages/Seba...
- Et sur Twitter : @SebLecoeur

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